Source :
Mouvement de combat Saint-Michel

L’homme de droite doit se former doctrinalement Disponible en pdf ICI.

Table des matières

Le révisionnisme n’est pas une fin en soi
Le combat de V. Reynouard
Le révisionnisme est un combat crucial…
… mais qui appelle à être dépassé
La philosophie n’est ni fumeuse, ni de gauche
Ce que pensent beaucoup de gens déclarés « à droite »
La pensée moderne est effectivement de gauche
A quoi se réduit l’être de gauche
La pensée de gauche déploie des trésors d’ingéniosité pour justifier sa révolte contre l’ordre naturel
Les raisons des sempiternels échecs de la vraie droite
La vraie droite souffre d’un inachèvement doctrinal
Dénoncer ne suffit pas

Le révisionnisme n’est pas une fin en soi

Le combat de V. Reynouard

Par ses engagements passés et présents, mais aussi par ses nombreux travaux publiés, Vincent Reynouard s’est efforcé de contribuer au dévoilement et à la diffusion de la vérité historique. Le caractère extrêmement onéreux, dans tous les sens du terme, d’une telle activité, l’a incité récemment à réfléchir, avec une particulière attention, au sens de son combat. La vérité vaut certes pour elle-même, sans référence expresse à une cause politique particulière. Néanmoins, après tant d’années d’efforts et de risques assumés, vient un moment où l’on est invité à se demander, au regard des résultats obtenus, si l’acte de lutter équivaut toujours à l’acte d’avancer.

Le révisionnisme est un combat crucial…

On ne dira jamais assez combien le combat révisionniste est essentiel à la libération de nos peuples ; ceux qui en minimisent l’importance sont des inconscients ou des lâches. Le mensonge de l’ « Holocauste » est la clé de voûte de l’entreprise de démolition de la grandeur de l’Europe et, avec elle, de la civilisation tout court.

… mais qui appelle à être dépassé

Mais peut-on en rester au combat révisionniste en tant que tel ? Il y aura toujours, certes, des points de détail à éclaircir, les archives disponibles sont loin d’avoir livré tous leurs secrets ; il y aura, sinon toujours, à tout le moins longtemps, des mensonges à dénoncer. Il demeure néanmoins que, pour l’essentiel et envisagée dans son aspect historique et scientifique, la question du révisionnisme est réglée. Dans cette perspective, est-il opportun de consacrer l’essentiel de son temps au traitement d’un problème dont la solution est déjà trouvée ? Il y a des amateurs de littérature révisionniste qui se livrent à l’étude de la question à la manière dont un mystique scrute les mystères de l’être. Aucun rabâchage ne parvient à les lasser. Un objet d’étude tel le comportement des Allemands à l’égard des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale mérite-t-il une telle passion, dévorante au point de se développer à l’exclusion de toute autre ? Il ne semble pas. Fascinés par la transgression de l’interdit, les « accros » du révisionnisme croient pouvoir mesurer le poids de la vérité à l’aune de l’interdit qui la frappe, ce qui revient, contradictoirement, à avaliser la hiérarchie des valeurs auxquelles se réfèrent les censeurs injustes. Le révisionnisme est d’une importance cruciale, cela n’est pas douteux, et il n’est pas ici question d’abandonner le combat en délaissant les recherches historiques entreprises, mais le révisionnisme n’est pas, à strictement parler, essentiel. Il est très important en ce qu’il permet de donner accès à l’essentiel. Et l’essentiel est la compréhension du passé en vue de celle du présent, afin de préparer l’avenir, à la lumière de l’éternel. C’est la première raison pour laquelle Vincent Reynouard a décidé, avec le concours de l’équipe qu’il anime, d’offrir à ses lecteurs un type de travail faisant désormais une plus large part à la réflexion théorique. Osons lâcher le mot abhorré : à une réflexion plus philosophique.

La philosophie n’est ni fumeuse, ni de gauche

Ce que pensent beaucoup de gens déclarés « à droite »

Beaucoup, à droite, n’aiment guère la philosophie qu’ils associent à Jean-Paul Sartre, à Karl Marx ou à Bernard-Henri Lévy. Et même s’il existe d’autres philosophes plus « sympathiques » (comme, pour certains, Martin Heidegger), cela ne change rien. Les Intellectuels, pensent-ils, se détournent du réel, se réfugient dans les chimères de la pensée, dans l’embrouillamini des concepts, et ils nous font prendre les vessies pour des lanternes. La pensée est à gauche parce que, disent-ils, la pensée est au fond de gauche. Entendons par là que le fait de privilégier la pensée par rapport à l’action serait un des aspects de la subversion multiforme qui marginalise les réalistes (comme si le réalisme consistait à s’émanciper de la valeur des idées).

La pensée moderne est effectivement de gauche

Il va de soi que ces réflexions ne sont pas dénuées de fondement, si on les applique à la pensée moderne. En effet, cette « pensée » — qui appartient à la gauche — refuse le réel et son ordre et le remplace par l’arbitraire de la subjectivité qui prétend construire l’ordre ; c’est le tour d’esprit qui refuse aux choses le droit d’être ce qu’elles sont. C’est ainsi le propre des mentalités qui doivent commencer par tout détruire afin de tout reconstruire à leur gré. D’où leur dilection pour toutes les formes de transgression, elles-mêmes génératrices de toutes les décadences.

A quoi se réduit l’être de gauche

Tout l’être de la gauche se réduit au fond à un abandon de l’intelligence à une pathologie de la liberté débridée. De là vient son goût, paradoxal mais non contradictoire, pour les doctrines déterministes : déterminisme de la libido (Freud), des structures (Lévi-Strauss), des mécanismes économiques (Marx), de la Volonté de Puissance (Nietzsche, admirateur des Juifs et des aristocrates français décadents), du Vouloir-Vivre (le Schopenhauer — en dépit de son antisémitisme et de sa haine « réconfortante » du genre humain — faisant profession de rousseauisme dans Le Fondement de la Morale) ; le déterminisme est le mol oreiller des fanatiques de la liberté, de la liberté pour la débauche, parce qu’il rend la débauche innocente, involontaire, parée par lui des attributs glorieux de la science. Le déterminisme est l’alibi que se donne la pathologie de la liberté d’agir et de faire infinie. Il en résulte que l’unité de la gauche est obtenue ipso facto, par l’abandon aux pulsions de mort des puissances inférieures de l’âme humaine, aux désirs matériels en la satisfaction desquels se mire l’absolutisation de la subjectivité nue. « Ich bin der Geist der stehts verneint », disait Méphisto : je suis l’Esprit qui toujours nie, je suis le premier contestataire, je suis celui qui veut reposer en soi-même comme en sa fin : « stetit in se », comme le dit l’Ecriture.

La pensée de gauche déploie des trésors d’ingéniosité pour justifier sa révolte contre l’ordre naturel

L’homme de gauche est celui qui, se sachant au fond de lui-même incapable de se faire exister par soi, incapable donc d’être sa propre fin puisqu’il n’est pas sa propre origine, cherche dans la vésanie destructrice, par laquelle il se pose en s’opposant, l’illusion d’une toute-puissance l’émancipant de tout ordre et,par là, la légitimation de son abandon aux forces obscures de la chair en la délectation indéfiniment renouvelée desquelles la subjectivité se voulant infinie croit savourer sa victoire. Et les artifices cérébraux, au demeurant souvent complexes et même amphigouriques, de ladite pensée de gauche consistent dans l’effort laborieux de montrer que la pensée conceptuelle, au fond, ne vaut pas grand-chose. Kant emploie des trésors d’ingéniosité pour justifier son scepticisme, Rousseau des trésors de rhétorique pour justifier son onanisme, Marx des trésors de dialectique pour justifier son empirisme et théoriser le déterminisme libéral dont il se veut la vérité.

Mais tout cela est sans rapport avec la vraie philosophie, comme nous allons le voir plus loin.

Les raisons des sempiternels échecs de la vraie droite

Auparavant, toutefois, nous aimerions répondre à une deuxième objection qui pourra nous être faite. Lorsqu’il est question de philosopher, on répond que l’homme d’aujourd’hui n’a pas le temps de penser, qu’on a déjà beaucoup trop pensé, qu’il est urgent d’agir, que la doctrine de la pensée de droite est achevée, parfaitement close et archiconnue.

La vraie droite souffre d’un inachèvement doctrinal

Si c’était vrai, il y aurait une seule pensée de droite, et les inévitables variantes rencontrées suivant le milieu dans lequel elle se développe ne remettraient nullement en cause l’essentiel. Or, force est de constater qu’il n’en est rien : il n’y a pas une pensée de droite, il y en a beaucoup. Il y en a même tellement qu’il est difficile de ne pas discerner, en cette efflorescence, la marque d’un inachèvement doctrinal. L’ennui est que nul ne semble disposé, parmi ceux dont le « métier » est de penser, à en reconnaître les méfaits autant que l’évidence. Chacun s’accroche à sa chapelle, à ses haines recuites, à ses problématiques dépassées, à ses souvenirs, au fond à ses passions.

Dénoncer ne suffit pas

Ce travers intellectuel, que l’on peut à bon droit nommer « anti-intellectualisme », a une conséquence funeste : pour une importante partie des membres de la vraie droite, la pensée abstraite ne vaut au fond pas grand-chose, les idées ne pèsent pas lourd, le discours théorique n’est jamais que du discours, c’est-à-dire du vent. Dès lors, le combat se borne à dénoncer des maux à l’aide de slogans : « A bas les Juifs, fermons les loges, dehors les étrangers, vive la race blanche, cassons du nègre, supprimons les impôts, il faut égorger les profiteurs ; œuvrons pour le rétablissement de la peine de mort, pour l’incarcération des escrocs, pour l’instauration d’une dictature, etc. ». Dans une certaine mesure, ces slogans simplistes ne sont pas sans sagesse élémentaire, parce qu’il est bien vrai que la France, comme au reste tous les pays d’Europe, se meurt de l’immigration, d’une fiscalité démesurée, des pesanteurs communistes résiduelles qui paralysent le monde de l’administration et du travail, de la fainéantise des Français qui ne veulent plus que jouir, de l’affaiblissement dramatique de la conscience morale, de l’égalitarisme, de l’hédonisme en général qui favorise l’individualisme, les vices, la dénatalité ; que le monde est gouverné par les Juifs, les puissances d’argent qui manipulent l’opinion, déclarent les guerres, pourrissent la jeunesse, démantèlent l’appareil industriel des nations, imposent des lois iniques qui tantôt violentent l’ordre naturel, tantôt ne profitent qu’aux plus riches, etc.

Mais suffit-il de se persuader de telles évidences (que tout le monde connaît au fond de lui-même), pour se croire en règle avec le devoir de développer une doctrine ? Se dispenser d’une formation doctrinale, n’est-ce pas cultiver ce travers hédoniste qu’on reproche à ses ennemis ?

La dénonciation des maux, en vérité, ne suffit pas. Édicter des interdits moraux, par exemple, qui ont pour vocation de détourner les âmes fortes des faux biens, n’a de sens et d’efficace que si l’on suscite dans ces âmes l’appétit du vrai bien ; or, pour rendre ce vrai bien désirable, il faut commencer par le dévoiler (on n’aime que ce qu’on connaît). Si j’interdis à un enfant de regarder la télévision sans lui proposer des jeux ou des livres qui lui plairont, je souffle dans un violon. Interdire le Mal sans rien proposer de solide en échange est inutile.

C’est précisément là que réside le problème : dans les cénacles de vraie droite, on se contente de dénoncer les maux, considérant que le balayage de la pourriture suffira à faire naître le dévoilement de ce qui est à faire. Mais c’est le contraire qui est vrai. La négation qui n’est pas inspirée par l’affirmation est stérile. Un ensemble d’idées vraies dont le contenu se limite à nier les effets des idées fausses mène en dernier ressort en une négation des vraies idées, ainsi se résout en slogans aigres, en humeurs revanchardes, en mouvements d’agressivité sénile.

Telle est la raison pour laquelle l’homme de droite ne peut se dispenser d’une formation doctrinale afin de proposer du solide voué à se substituer aux erreurs qu’il dénonce.