Source :
Mouvement de combat Saint-Michel

Le texte est disponible en pdf ici

Il est contradictoire de prétendre lutter contre le mondialisme en se disant démocrate, ou républicain, ou partisan des Droits de l’Homme.

L’homme n’est homme que s’il ne se prend pas pour fin.

L’Homme a une nature qu’il n’invente pas
C’est facile à comprendre : parce qu’il est doué de liberté et de raison, l’homme n’est pas comme une pierre, il est invité à se diriger lui-même vers sa fin, tout n’est pas programmé en lui, il est doté de perfectibilité, il n’est jamais immédiatement ce qu’il doit être ; parce qu’il n’est pas Dieu, il a une nature que Dieu a introduite en lui en le créant, et qu’il a vocation à réaliser, ce qui revient à dire que sa subjectivité ou sa liberté n’est pas sa nature et n’est pas sa finalité dernière ; son meilleur bien, sa fin dernière, n’est pas un bien qu’il rapporte à lui-même, c’est un bien auquel il est rapporté.

L’homme a pour devoir de réaliser ou d’actualiser en lui, par sa liberté, les perfections de sa nature spirituelle qu’il n’invente pas ; mais parce que sa liberté procède en dernier ressort de sa nature, alors sa liberté elle-même, sa conscience, sa subjectivité, est faite pour servir sa nature, et tout doit se passer de telle sorte que sa nature se veuille en lui, en se le subordonnant.

L’individu existe pour le bien commun
La transcription politique de cette vérité générale donne ceci : le bien commun, cause finale de la société qui réalise la nature collective de l’homme mieux qu’elle ne se réalise dans l’individu (un homme est incapable de réaliser en lui-même toutes les manières d’être homme), a pour l’homme raison de fin. Elle n’est peut-être pas, elle n’est même certainement pas fin ultime, mais elle est quand même fin. Ce n’est pas la société qui existe pour le bien de l’individu, c’est le bien de l’individu qui existe pour le bien commun. Et voilà pourquoi l’homme n’est homme qu’en se mettant au service de la communauté, en s’oubliant lui-même. Et il ne se trouve lui-même qu’en s’oubliant. Quand il se prend pour fin, il est comme un organe particulier qui voudrait faire son esclave du corps auquel il appartient : non seulement il détruit le corps entier, mais encore il se détruit lui-même, car c’est de son corps qu’il tient sa vie. Que l’individu prétende se faire la cause finale du tout, c’est ce qui se passe depuis 1789.

Le salut viendra de l’homme blanc
L’Occident est seul doué des capacités à diriger le monde, parce que c’est chez lui que les hommes ont le sens de l’universel, c’est chez lui que la philosophie est née, c’est en lui que s’est dégagée la représentation vraie de ce qu’est l’homme en tant qu’homme. Cette supériorité de l’homme occidental, il l’exerce pour le meilleur et pour le pire. Aujourd’hui, il en use pour le pire : il a inventé le libéralisme, l’individualisme, la démocratie, le communisme, le capitalisme, etc. L’Occident dirige toujours le monde, mais il le dirige pour le détruire, et il le détruit en désaxant l’homme, en l’invitant à se prendre pour fin, il réduit ses désirs à des désirs animaux, il met sa raison au service de la bête qui est en lui. Mais personne ne peut supplanter l’homme occidental dans sa vocation intègre. Le salut viendra de l’homme occidental, de l’homme blanc. De personne d’autre.

L’individualisme est une dénaturation du christianisme
L’individualisme est né de la dénaturation du christianisme, qui fut la religion de l’Occident. C’est le christianisme qui, dans la ligne de la pensée gréco-latine, en la prolongeant et en la transfigurant, a dégagé la notion adéquate de personne humaine. C’est lui qui a élargi l’horizon de l’homme. L’univers, même s’il est beau, même s’il est un ordre admirable, un cosmos, n’est plus divin, il ne l’a jamais été en fait, il parle de Dieu, il parle du Dieu qu’il n’est pas. La fin ultime de l’homme n’est pas la société. Platon l’avait déjà montré. L’ordre veut que l’homme s’ordonne au bien commun de la société comme à sa fin, et qu’il subordonne la société terrestre tout entière à la société céleste, c’est-à-dire à Dieu, à ce Dieu dont la simple raison païenne avait déjà affirmé l’existence. Mais parce que le monde n’est pas divin, parce que la personne humaine ne trouve pas dans la société sa fin ultime, alors, depuis la Renaissance, avec la Réforme, avec l’avènement du déisme et de l’athéisme, et avec le modernisme, la personne humaine a prétendu se faire fin de la société. Et c’est ainsi que l’individualisme est né, dont l’esprit démocratique égalitaire est le corrélat obligé.

Le néo-paganisme n’est pas la solution
Sous les traits fallacieux d’une renaissance du paganisme, la Renaissance a glorifié la subjectivité. Elle est anti-païenne. Le néo-paganisme n’est pas le paganisme. Le paganisme était l’expression de la sagesse naturelle qui est en attente d’une sagesse plus qu’humaine, le paganisme ne sacralise pas la subjectivité, il la méconnaît. Le néo-paganisme est une insurrection de la subjectivité contre la sagesse surnaturelle, et il prend prétexte de la sagesse païenne pour se soustraire à la sagesse surnaturelle. La sagesse surnaturelle, celle du christianisme, prolonge le paganisme et elle le complète, elle révèle à elle-même la subjectivité et sa grandeur, elle lui révèle sa vocation surnaturelle, mais elle la maintient plus que jamais dans son état naturel de subordination à l’ordre naturel et, a fortiori, à l’ordre surnaturel lui-même.

Le catholicisme actuel n’est plus catholique
Le protestantisme a déconnecté la foi de la raison, il a lui aussi exalté la subjectivité en la faisant s’insurger contre la nature humaine et contre l’ordre naturel des choses. Le déisme des Lumières n’a été qu’un mot, un prétexte, pour permettre à l’homme révolté de se soustraire au christianisme, mais aussi pour lui permettre de réduire l’univers, le cosmos, doté d’un ordre naturel, à une machine manipulable dont l’homme serait le démiurge, et ce fut encore une manière d’exalter la subjectivité calculatrice et scientiste. Et le modernisme a développé ses premiers microbes historiquement repérables avec Léon XIII (encyclique « Au milieu des sollicitudes » : la société naîtrait d’un contrat, l’homme n’est plus par nature un animal politique, la société serait ordonnée aux familles, l’unique principe d’unité entre les hommes serait d’ordre surnaturel et non plus naturel). C’est le début de la funeste doctrine sociale de l’Eglise, c’est-à-dire de la démocratie chrétienne : l’homme ne serait plus par nature un animal politique, il ne serait capable de vivre en société que par l’intervention de la vie surnaturelle. Et parce que la démocratie est contre nature, parce que le christianisme ne dépasse l’ordre naturel qu’en l’assumant, alors la démocratie ne peut pas ne pas tuer tôt ou tard le christianisme lui-même. Quelle que soit la manière dont on interprète la crise actuelle de l’Eglise, force est de constater que les représentants officiels du catholicisme ne sont plus catholiques. Le modernisme est un puissant moyen de subversion, il est même le plus puissant de tous. Il libère le terrorisme du Moi subjectiviste en cautionnant cette révolte par l’autorité apparente de la plus grande puissance spirituelle du monde, c’est-à-dire l’Eglise catholique. En finir avec la subversion actuelle, c’est d’abord rompre avec toutes les formes de subjectivisme, y compris le néo-paganisme, y compris l’esprit bourgeois des Républicains conservateurs.

La démocratie engendre le mondialisme qui consacre la déification de l’homme et qui le dénature.
C’est encore facile à comprendre. Si l’homme est pour lui-même sa propre fin, alors la société est subordonnée aux caprices de l’homme. Et si l’individu a raison de fin, on ne voit pas pourquoi l’homme ne se subordonnerait pas la terre entière, par delà la société particulière à laquelle il appartient. La nature humaine a beaucoup de facettes. Elle exprime sa richesse dans ces configurations spirituelles qu’on appelle les nations, lesquelles se préfigurent dans une cause matérielle qu’on appelle les races humaines, le patrimoine biologique. Et un Etat est la dimension formelle de la nation. En s’exprimant dans des manières d’être homme particulières, c’est-à-dire des nations, la nature humaine fait l’aveu de ce qu’elle est incapable de s’exprimer ou de se déployer tout entière et totalement dans une seule configuration mondaine, à la manière dont la nature humaine s’exprime dans l’homme et dans la femme, irréductiblement duels ; ils ne sont un que dans l’acte procréateur. Ce qui revient à dire que le destin de la nature humaine est de s’exprimer, de se déployer et de s’accomplir tout entière et totalement dans un élément qui n’est pas mondain, qui se situe au-delà de la vie terrestre, parce que l’homme est doté d’une âme spirituelle, qui est de ce fait immortelle : la dernière patrie de l’homme est au Ciel. A partir du moment où l’homme se prend pour fin, il se veut en tant que subjectivité fin de sa propre nature, et il en vient pratiquement, sinon théoriquement, à nier en lui l’existence de cette nature, afin de s’octroyer le privilège délirant de l’inventer. De ce fait, il conteste sa vocation à fonder des nations, il devient mondialiste. Il veut être tout à la fois : blanc et nègre, homme est femme. C’est la furie du grand mélange, c’est le délire du grand Tout. L’homme qui se déifie refuse tout ce qui le limite, tout ce qui le destine à une manière particulière d’être homme. Il veut être le tout à lui tout seul. Il commence par se soustraire à tout ce qui le limite et qui le fait être cet être particulier, pour se donner un être universel, l’être du Tout. « We are the World », chantaient les hallucinés des messes mondialistes il y a dix ans. Et ce refus de ce qui lui donne d’exister mais que ne le fait exister qu’en limitant, c’est la naissance de la globalisation, c’est-à-dire de l’Etat mondial. L’Etat mondial est le corrélatif obligé de la déification de l’homme. Parce que la démocratie est fondée sur le même subjectivisme que le mondialisme, elle l’engendre nécessairement. Il est contradictoire de prétendre lutter contre le mondialisme en se disant démocrate, ou républicain, ou partisan des Droits de l’Homme, ou libertin, c’est-à-dire relativiste.