La chronique de Bocage

Source :
Times of Israel

La JTA (Agence télégraphique juive) se décide enfin à rendre publique une décision diffusée dès le 3 août par le quotidien allemand "Die Welt" et qui a semé une véritable panique au sein de la communauté juive allemande (et européenne) : un révisionniste est relaxé par un tribunal allemand !!

C'est, en effet, ce qui vient de se passer pour Hans Püschel, 67 ans, dont nos correspondants se souviendront qu'il avait organisé, en compagnie d'Ursula Haverbeck (la "Grande Dame allemande"), le 31 janvier 2015, une réunion portant sur des textes que les deux révisionnistes venaient d'étudier de près : les "Ordres et instructions donnés par la Kommandantur à Auschwitz de 1940 à 1945", qui démontrent de manière évidente que le camp d'Auschwitz n'était nullement un camp d'extermination mais bel et bien un camp de travail.

Hans Püschel a plusieurs fois été condamné dans le passé pour son site aujourd'hui fermé (voy.n/message du 17/04/2015) mais il ne veut rien céder. C'est lui qui, en octobre 2013, avait expliqué qu'il avait été contraint pendant des années de se mettre à genoux mais que ce temps était révolu: "A présent mes enfants sont grands, ma femme est à mon côté; je ne prendrai pas d'avocat car je n'ai fait aucune faute"...

Voyons donc ce qu'il en est de ce terrible scandale :

Un tribunal allemand annule la condamnation d’un politique négationniste

Les juges annulent l’amende contre l’ancien maire d’extrême droite Hans Püschel qui remettait en question le nombre de morts et les conditions à Auschwitz

Hans Püschel aus Krauschwitz bei Teuchern

Le politicien d'extrême-droite Hans Püschel

BERLIN – Des historiens, un haut dirigeant juif et l’un des principaux journaux ont critiqué un tribunal dans la ville allemande centrale de Naumburg qui a acquitté un politicien d’extrême droite après sa condamnation pour négation de l’Holocauste.

Un tribunal suprême de l’Etat a annulé l’amende imposée par un tribunal inférieur contre Hans Püschel, annulant sa condamnation. La décision est considérée par certains comme un défi sans précédent à la loi allemande, qui exige la punition pour la banalisation de l’Holocauste et la glorification des crimes nazis.

La décision a été annoncée localement en octobre 2015, mais a été rendue publique mercredi après enquête par le quotidien allemand Die Welt.

Les historiens ont exprimé leur étonnement suite à la décision, et les observateurs s’attendent à ce que les tribunaux connaissent des difficultés à poursuivre les cas futurs.

Püschel, qui a été contraint de démissionner en 2013 en tant que maire du village allemand de Krauschwitz, avait mis en doute le nombre de personnes tuées dans le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau et avait affirmé que les conditions du camp n’étaient pas aussi mauvaises que ce que l’on disait. Il questionnait le nombre total de six millions de Juifs assassinés, affirmant que le mémorial de l’Holocauste à Berlin avait exagéré l’ampleur du génocide.

Püschel est allé jusqu’à dire que "les crimes allemands dont on nous parle depuis notre plus jeune âge sont des mensonges".

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Le pape François passe l’entrée principale de l’ancien camp d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau, qui porte les mots ''"Arbeit macht frei"'' (le travail libère), à Oswiecim, en Pologne, le 29 juillet 2016. (Crédit : AFP/Filippo Monteforte)

Le pape François, qui a visité Auschwitz-Birkenau vendredi dernier, a déclaré mercredi qu’il pouvait sentir les âmes de ceux assassinés.

"Le grand silence de la visite à Auschwitz-Birkenau était plus éloquent que toute parole n’aurait pu l’être", a-t-il déclaré mercredi lors de son audience publique hebdomadaire au Vatican.

Püschel avait fait appel d’une amende d’environ 3 000 dollars perçus par un tribunal inférieur.

Maintenant, la cour de Naumburg, la plus haute dans le Land de Saxe-Anhalt, a annulé cette peine, en disant que les déclarations de Püschel, alors illégales, ne constituaient pas une large banalisation de l’Holocauste.

Le porte-parole de la Cour Henning Haberland a déclaré à JTA que c’était un acquittement complet, et qu’il n’y avait pas de frais restants. Il a ajouté qu’il était peu probable que l’affaire créerait un précédent pour d’autres cas de négation de l’Holocauste puisque le verdict était spécifique à ce cas particulier.

Josef Schuster, président du Conseil central des juifs en Allemagne, a déclaré à Die Welt mercredi, que, bien qu’il respecte le système judiciaire allemand, il se serait attendu à ce que les tribunaux soient "très sensibilisés à toutes les tentatives de réécrire l’histoire allemande ou de se moquer des victimes des nazis par une banalisation inacceptable des crimes nazis".

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Josef Schuster, président du Conseil central des Juifs d’Allemagne, participe à une conférence de presse suite à son élection à Frankfurt am Main, dans le centre de l’Allemagne, le 30 novembre 2014 (Crédit : AFP PHOTO / DANIEL ROLAND)

Bien que le blog de l’ancien maire ne soit plus en ligne, Die Welt fait référence à un texte par Püschel qui peut encore être trouvé sur Internet, dans lequel il se réfère amèrement aux tentatives de faire taire ses opinions sur l’Holocauste et accuse les Juifs d’inventer des histoires. "Les Juifs peuvent faire tout ce qu’ils veulent en Allemagne, y compris mentir et trahir ? Ils sont intouchables ?" demande Püschel.

L’historien de l’Holocauste Christoph Jahr de Humboldt-Universität à Berlin a qualifié la décision du tribunal de "scandaleuse". D’autres historiens suivent le mouvement.

La décision "changera le climat de l’opinion publique" en Allemagne, a observé Die Welt, parce que les juges ont échoué à faire respecter la loi qui impose une amende ou de la prison à toute personne reconnue coupable de "l’approbation, la négation ou minimisation" des crimes commis sous le national-socialisme. Il sera plus difficile pour les tribunaux de grande instance de condamner de tels crimes à l’avenir, a conclu le journal.

Püschel, 67 ans, a été membre du Parti social-démocrate jusqu’en 2010, quand il est passé au parti d’’extrême droite, le Parti national démocratique d’Allemagne.