La chronique de Bocage

Voici la lettre ouverte qu'envoyait Jacques Vecker, hier 18 juin, à M. Alain Bauer, criminologue, ancien Grand Maître du Grand Orient de France:

Cher Monsieur,
L'intérêt que je porte à vos différentes interventions me permet de faire une remarque attristée. Dans l'émission "C dans l'air" du 15 juin dernier à propos de terroristes "gens aimables et souriants", vous avez dit que Adolf Hitler pouvait avoir été pour certains "un honorable grand-père". La comparaison vous est certainement venue à l'esprit à cet instant-là fortuitement mais elle n'est pas anodine et traduit une attitude répandue dans les milieux "bien-pensants" faisant de Hitler le symbole de la barbarie, la référence universelle lorsqu'il est question de caractériser le mal absolu. Gérard Menuhin dans son ouvrage explosif "Tell the Truth and Shame the Devil" rappelle que le nom de Hitler apparaît en général lorsque l'on veut diaboliser un personnage. On a mis Castro sur le même plan que le maître du Reich, puis Saddam Hussein, Milosevic, Hugo Chavez, Kadhafi, Kim Jong-un et bien d'autres. Ils furent présentés parfois comme "un nouvel Hitler" pour les radier, en quelque sorte, du genre humain et les désigner à la vindicte des nations. Ce rapprochement les ostracise d'une façon absolue. Il n'y a plus de raison ni d'esprit critique.

En utilisant cette image, cher Alain Bauer, vous vous rangez inconsciemment au détour d'une phrase parmi les inquisiteurs qui punirent au Moyen Age le commerce avec le diable et aujourd'hui parmi nos contemporains ceux qui, comme par une lettre de cachet, envoient en prison des "honorables grands-pères". Que leur reproche-t-on sinon d'avoir cru en l'un des droits de l'homme les plus essentiels : celui de la liberté d'expression ? Quel crime ont-ils commis sinon le "crime de penser" défini par Orwell ? Un "honorable" Allemand dont je fréquente la famille vient d'être incarcéré à Hanovre à la veille de ses quatre-vingts ans, Arnold Höfs. A la suite d'un énième procès il a eu droit à une année de séjour en prison pour "incitation à la haine raciale". J'ai lu attentivement les quelques livres qu'il a osé écrire une fois à la retraite (car on perd son travail lorsqu'on ne pense pas correctement). Arnold Höfs est un pacifique citoyen qui n'a jamais manifesté dans la rue, n'a agressé personne, n'a ni volé, ni violé. Ses écrits sont de simples études historiques mettant en lumière certaines... anomalies dans la version officielle de la seconde guerre mondiale (étant germaniste de profession devenu révisionniste par honnêteté, je ne peux que reconnaître le sérieux de son travail !). La "justice" l'a rattrapé comme elle a rattrapé le comptable largement nonagénaire qui avait eu le malheur d'être affecté à Auschwittz, ou cette standardistes du camp qu'on vient de débusquer, à 90 ans, dans une maison de retraite et que l'on va juger pour "complicité de crimes contre l'humanité". Innombrables sont les victimes de cette persécution, enseignants (Vincent Reynouard entre autres, dont Noam Chomsky prit la défense), avocats (Horst Mahler, 12 ans de cachot) et Sylvia Stolz, 3 ans et demi), Ernst Zuendel, 7 ans, Wolfgang Fröhlich en Autriche, Pedro Varela en Espagne, David Irving, historien anglais arrêté en Autriche à l'occasion d'un déplacement, des Suisses, des Australiens, etc.

Si par impossible -car vous êtes un homme d'honneur- vous deviez me dénoncer auprès des hautes instances juives ou assimilées, cela me vaudrait vraisemblablement un procès et, malgré mes 90 ans passés, je serais sali par une justice inique. Voilà où nous en sommes, cher chroniqueur apprécié de "C dans l'air" et autres tribunes. Et l'on s'étonne qu'il y ait comme du remue-ménage dans notre société édifiée pourtant par Montesquieu, Voltaire et Victor Hugo et corsetée par des mensonges depuis plus de soixante-dix ans. Cela est tellement spontané, commode, habituel d'en appeler à Hitler pour priver un individu de son humanité ou mettre un terme à un débat (Loi Godwin). Si l'on désire s'informer, Robert Faurisson, à la veille de la nonagénarité, intrépide chercheur voué à l'exactitude, s'est employé, avec beaucoup d'autres, à remettre l'histoire à l'endroit. Vous le faites, je présume, dans votre domaine mais, dans ce cas précis, un jugement quelque peu téméraire vous a échappé car si ce n'était le mythe d'Auschwitz, Hitler n'aurait été avec ses qualités et ses défauts qu'un meneur de peuple parmi d'autres.

Avec mes cordiales salutations
Jacques Vecker,
30480 St Paul-la-Coste, 18 Juin 2016.