La chronique de Bocage

Commentaire sur la loi antirévisionniste italienne

Lu le 9 juin sur le site du journal indépendant de réinformation en ligne "Il Primato Nazionale" ce commentaire amer concernant la loi antirévisionniste votée la veille (voy. n/message du 8/06/2016 intitulé "Italie: la loi antirévisionniste est passée!") (Merci au correspondant qui nous a fait cadeau de cette traduction):

Rome, 9 Juin - Le Parlement continue de s’occuper des sujets prioritaires pour le peuple italien. Après l'union civile (mariage pour les homosexuels (les)), voici la circonstance aggravante de négationnisme. A partir d'aujourd'hui, les délits de discrimination raciale et les crimes xénophobes prévus dans le cadre de la loi Mancino -qui également est une autre belle étape de l'histoire du droit- pourront aussi être aggravés "de deux à six ans si la propagande ou l'incitation commise pose un danger réel de propagation, sont basées, en tout ou partie, sur la négation de la shoah, ou des crimes de génocide, des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre tels que définis par les articles 6, 7 et 8 du Statut de la Cour pénale internationale ".

L'amendement a été adopté à la Chambre, en troisième lecture, par 237 oui, 5 non, 102 abstentions. Explosion de joie de la communauté juive:

"Aujourd'hui, au sein de l’Assemblée, a été finalisé le dernier acte d'un engagement civique et culturel extraordinaire par les institutions les plus importantes de notre pays", a dit le président de l'Union des communautés juives italiennes, Renzo Gattegna. Avec le feu vert au projet de loi sur le négationnisme "l'Italie écrit en réalité une page historique dans son histoire récente parlementaire et dote sa législation d'un nouvel outil fondamental dans la lutte contre les professionnels du mensonge tout en protégeant, clairement, les principes inaliénables tels que la liberté d'opinion et de recherche".

Ainsi, une loi sur les délits d'opinion, qui institue une vérité historique incontestable, favoriserait "la liberté d'opinion et de recherche". La guerre c’est la paix, la liberté c’est l'esclavage, l'ignorance c’est la force.

Helma Maass, une autre nonagénaire poursuivie

En Allemagne, le 12 juin, dans le "Welt am Sonntag", édition dominicale du quotidien "Die Welt", on apprenait que le procureur de Schleswig poursuit une certaine Helma Maass, née le 23 décembre 1923, qui, parce qu'elle a travaillé du 21 avril au 7 juillet 1944 au camp d'Auschwitz comme télégraphiste (opératrice-radio), serait complice du meurtre, 72 ans plus tôt, de 266.390 personnes !

On attend un rapport des médecins pour savoir si la nonagénaire est capable de faire face à un procès. Si oui, le procès aura lieu à Kiel...

Un journaliste du "Welt am Sonntag" lui a rendu visite dans la résidence pour personnes âgées de Neumünster où elle se trouve actuellement et voulait parler avec elle d'Auschwitz. Elle a répondu : "Vous n'obtiendrez rien de moi".