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La chronique de Bocage

Source :
Kurier.at

Un correspondant que nous remercions vivement a bien voulu traduire pour nous l'article suivant paru dans le quotidien autrichien "Kurier" le 7 septembre et signé Jürgen Pachner (dans l'article le nom du prévenu n'est cité que par son initiale) :

Un négationniste de nouveau actif.

Un médecin récidiviste a adressé des lettres passéistes aux conseillers municipaux de Mauthausen.

Le 26 mars 2015, la cour de Linz avait renvoyé chez lui Josef K.(*), médecin non conventionné de Mühlviertel. Celui-ci, qui avait 71 ans à l'époque, avait publiquement contesté l'existence d'une chambre à gaz dans le camp de concentration de Mauthausen ("je m'en suis assuré de mes propres yeux") ainsi que de l'Holocauste ("un mensonge de cette bande de banksters sionistes et khazars"). Il avait été condamné à un an de prison avec sursis. Mais moins d'une année et demie plus tard le médecin doit faire face à de nouvelles poursuites pour le même délit.

Cette semaine, K. aurait envoyé des lettres aux conseillers municipaux de Mauthausen dans lesquelles il élaborait à nouveau sa conception tordue de l'histoire, en demandant aux destinataires de faire comme lui. Entre autres, il affirmerait que ce n'est qu'entre 1925 et 1939 qu'aurait eu lieu un Holocauste, qu'un Holocauste dans des chambres à gaz de l'Allemagne hitlérienne serait un mensonge infâme, qu'il n'y avait pas eu de chambres à gaz dans le camp de Mauthausen et aussi que personne n'aurait été gazé. De plus, il aurait proposé de faire du lieu commémoratif du camp un centre de documentation sur la propagande d'atrocités des Alliés et les mensonges des vainqueurs.

L'indignation de tous les milieux politiques était grande et le conseil municipal décida immédiatement de porter plainte: "L'affaire me semble claire, nous avons porté plainte auprès du procureur pour infraction au paragraphe 3h de la loi d'interdiction" a affirmé Walter Hofstätter, président du conseil, qui est également président de la plateforme antifasciste "Perspektive Mauthausen".

Il espère que la justice va enfin mettre fin aux activités passéistes du médecin. Hofstätter: "Je m'attends à ce qu'il y ait des poursuite conformes à la loi et une punition correspondante".

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L'entrée du camp de Mauthausen

(*) Le personnage est si digne d'intérêt -car il n'ignore sûrement pas le sort de son compatriote Wolfgang Fröhlich toujours en prison à cause de son révisionnisme- que nous rappelons, pour les correspondants qui l'auraient oublié, notre message du 28 mars 2015 intitulé "Un médecin autrichien condamné pour négation de l'H." :

Un médecin autrichien, le Dr. Josef Königshofer, 71 ans, exerçant à Mühlviertel, vient d'être condamné à un an de prison avec sursis par le tribunal de Linz pour avoir nié l'Holocauste dans une lettre adressée à la fois à son conseil municipal et à l'administration du camp de concentration de Mauthausen. Il a affirmé avoir étudié avec soin le camp de Mauthausen et être arrivé à la conclusion qu'il n'y avait pas eu de gazages homicides dans ce camp. Pour lui, "l'Holocauste" est un mensonge des "banksters" sionistes qui sont en Israël et sont derrière les "printemps arabes". Et l'Allemagne n'est pas responsable de la dernière guerre.

Le procureur l'avait reconnu coupable et avait réclamé la prison accompagnée d'une amende; son avocat avait réclamé l'acquittement. L'accusé lui-même avait plaidé non coupable et s'était dit uniquement préoccupé par "la recherche de la vérité": il avait bien inspecté la prétendue chambre à gaz et n'y avait pas trouvé de conduites amenant le gaz... Ce à quoi le responsable du Mémorial de Mauthausen aurait répondu (au procès?) que les SS avaient supprimé ces conduites peu avant la libération du camp... "Mais ça, je ne le savais pas, on ne me l'a pas dit", aurait répondu l'accusé. Le tribunal a considéré cet aveu comme une circonstance atténuante et, en raison de la "personnalité particulière" de l'accusé, l'a condamné à seulement une année de prison avec sursis. Ce dernier a demandé un délai de réflexion.

Le jugement n'est pas exécutoire.